Ecarlate de Hillary Jordan

Elle était morte depuis un moment déjà et ne s’en était même pas aperçue.

Hannah est coupable ! Coupable d’avoir eu une liaison. Coupable d’avortement. Coupable de ne pas dénoncer son amant… Coupable d’être une femme ! À 26 ans, Hannah Payne est condamnée à être teinte en rouge, la couleur de son crime.

Les Etats-Unis sont gouvernés par des religieux extrémistes qui, sous couvert de manque de moyens financiers, ont remplacé l’emprisonnement de certains criminels par l’injection d’un virus qui les colore intégralement ! Selon la gravité du crime, ils sont teints en rouge, bleu, vert ou jaune avant d’être remis en liberté.

Ainsi, chaque faux pas stigmatise le temps de la peine : de quelques mois à de nombreuses années. Et si vous vouliez passer votre crime sous silence, vous pouvez oubliez ! Les personnes portent leurs péchés sur elle sous le regard omniprésent des autres.

Malgré sa condamnation, on assite à la fois à une lente résurrection, car Hannah, malgré sa mise au banc est pétrie de puritanisme et c’est seulement après avoir subi les dégâts physiques et psychologiques, qu’elle se rend compte à quel point c’est inhumain et dégradant quel que soit le crime commis, à quel point la ségrégation détruit les vies des « chromés » et les rend à la merci des gens « libres et normaux », qui peuvent en faire ce qu’ils veulent : les chasser, les violer, les tuer.

Instinctivement, elle essaya d’abord de se rendre invisible, puis, mue par une soudaine révolte, elle planta son regard dans celui de ses voisins, ces gens qu’elle écoeurait tant (…). Elle se demanda combien d’entre eux étaient des menteurs et dans quelle mesure leur probité apparente ne masquait pas des crimes aussi graves que les siens. 

L’auteure s’est inspirée de la lettre écarlate de Nathaniel Hawthorne pour écrire ce roman : l’histoire d’Hester Prynne, au 17ème siècle, condamnée à porter sur la poitrine la lettre A, d’une couleur écarlate, pour avoir commis l’adultère avec un homme d’église, un livre majeur de la littérature classique.

Alors forcément, le roman d’Hillary Jordan souffre un peu de la comparaison, pour autant la construction, l’époque tout est différent, ce qui le rend d’autant plus actuel !

Un roman d’anticipation bouleversant qui dénonce à la fois les crimes faits aux femmes mais aussi les dérives des fanatiques religieux et cela quelque soit le genre que l’on ait. Le fait de porter son crime sur soit, est à la fois une peine majeure mais laisse les condamnés à la merci de la vindicte populaire, beaucoup plus meurtrière que celle de l’Etat lui-même. Chacun devenant juge pour son bon plaisir et sous couvert du gouvernement. Au nom de quoi ?


Parution : 18 octobre 2012 – Éditeur : Belfond – Pages : 345 – Genre : anticipation, thriller, thriller psychologique – Traduction : Michèle Albaret-Maatsch

Une Chrome. Une Rouge. Pour Hannah Payne, la sentence est tombée. Pendant seize ans, la jeune femme devra porter sur sa peau la couleur de son crime, celui d’avoir aimé un homme marié, un pasteur, et d’avoir supprimé le fruit de cette passion illégitime pour protéger son amant.
Mais dans une Amérique où les droits des femmes sont niés, l’avortement est sévèrement puni. Ici, l’Église a pris le pas sur l’État et dicte sa loi implacable.
Aucun pardon, aucune réinsertion possibles : stigmatisée aux yeux de tous, rejetée par les siens, Hannah doit affronter la haine et la violence des hommes. Seule.


Ju lit Les Mots

– Blog littéraire – Critiques littéraires – Co-fondatrice Prix des auteurs inconnus – Membre Association REBOOT – Contributrice journal 20 minutes –


Challenge American Year – The Cannibal Lecteur et Chroniques Littéraires (du 15 novembre 2023 au 15 novembre 2024) Challenge Thrillers et Polars de Sharon (du 12 juillet 2023 au 11 juillet 2024)


En savoir plus sur Ju lit Les Mots

Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.



Catégories :Belfond, Challenge An American Year, Challenge Polars et Thrillers, Fantastique/Science-fiction/Uchronie/Dystopie..., Romans noirs, Thrillers/Polars

Tags:, , , , ,

21 réponses

  1. Merci Julie pour ce partage. Une auteure que je ne connais pas et une fiction qui semble se rapprocher de la réalité …

    Aimé par 1 personne

  2. Je comprends mieux l’extrait que tu as partagé maintenant, il prend tout son sens ! C’est étrange de vouloir « colorer » les gens, les criminels, comme sinon marquait du bétail. Et que les « gens normaux » puissent en faire ce qu’ils veulent est effarant ! Il m’intéresse ce roman, je ne connaissais pas alors merci Julie 😊

    J’aime

    • Oui l’extrait restait vague, histoire de mettre en bouche :-p Franchement très intéressant cette idée ! Si tu le dis, je serais intéressée par ton avis 😉

      Aimé par 1 personne

      • Et bien, lui aussi a atterri dans ma wishlist numérique. Je suis curieuse de connaitre un peu ce traitement qu’on inflige aux gens, et sur quelles « valeurs » on se permet de tels traitements, car d’après ta chronique, la notion de crime me parait différentes de celle que l’on connait actuellement. Et ca me choque de voir que les personnes « punies » peuvent subir les mauvais traitements d’autres personnes. Ca pose pas mal de question du point de vue morale et de société. Enfin, tu m’as donné envie d’en savoir plus ! 😉

        Aimé par 1 personne

  3. Une dystopie comme je les aime, qui interroge sur les dérives de notre société.

    Aimé par 1 personne

Rétroliens

  1. Bilan lectures avril 2024 – Ju lit les mots
  2. Bilan challenge Thriller et polar 2023-2024 – Ju lit les mots
  3. Bilan Challenge An American Year  (2023/2024) – Ju lit Les Mots

Répondre à Ju lit les mots Annuler la réponse.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.