Le sang des Belasko de Chrystel Duchamp

En dĂ©butant « le Sang des Belasko Â», y a comme un sentiment confus, lancinant, qui s’est peu Ă  peu immiscĂ© en moi
 Belasko, ça me parlait
 J’y reviens plus tard


AprĂšs avoir eu le plaisir de dĂ©couvrir la plume de l’auteure avec « l’art du meurtre », livre dans lequel son intrigue se construisait au rythme de meurtres artistiquement mis en valeur, j’attendais avec impatience la sortie de son second opus, afin de voir ce qu’elle pouvait proposer d’autres


Avec « le sang des Belasko Â», je pensais qu’elle resterait dans le mĂȘme registre et je dois dire que j’ai Ă©tĂ© bluffĂ©e ! Alors, oui, il y a toujours l’art en toile de fond, on sent qu’elle aime ça, mais ici, c’est par de toutes petites touches, qui pourraient passer inaperçues, qu’il se devine, sauf que cette fois, on se retrouve dans le monde vinicole, qui sans ĂȘtre le sujet principal, construit une toile autour de cette famille bien trop riche, qui semble parfaite
 

Mais tout vole en Ă©clats Ă  la mort du patriarche. Un huis-clos savamment dosĂ©, puisque les souvenirs viennent donner une bouffĂ©e de respiration entre chaque parole haineuse et chaque cri de rage et de dĂ©sespoir. Fort heureusement, d’ailleurs, car les personnages Ă©touffent, s’étouffent et au grĂ© des pages, le lecteur manque certaines respirations. 

Sans jamais tomber dans la facilitĂ©, ou manquer d’originalitĂ©, Chrystel Duchamp, nous balade dans son intrigue au fil des rĂ©vĂ©lations.

Au Ÿ du livre, une touche de paranoĂŻa s’installe, et vient ferrer un des personnages et lĂ , on se dit qu’en fin de compte, il est schizophrĂšne
 Ce qui, vu l’état d’esprit familial aurait Ă©tĂ© complĂštement cohĂ©rent. Oui, mais voilà
 L’auteure ne dĂ©couvre pas tout son jeu, elle en garde sous la main, histoire de bien, nous rendre dingue.

Au dĂ©but du livre, une tonalitĂ© extravagante se devine, avec une maison tĂ©moin de la chute des Belasko et puis plouf, plus rien
 Bon, sincĂšrement, je me suis dit que c’était pas mal trouvĂ© cette idĂ©e et je trouvais dommage de la perdre en route
 Pourtant
 D’un trĂšs bon thriller-psychologique aux personnages aussi tordus les uns que les autres, on bascule dans un thriller-horrifique !

Beaucoup, ne percevront pas cette touche horrifique, et je le comprends tout Ă  fait, mais pour la fĂ©rue du genre, que je suis, je l’ai dĂ©celĂ© dĂšs les prĂ©misses de l’intrigue.

Je pense qu’il ne faut pas lire « le sang des Belasko Â» de maniĂšre linĂ©aire, bien au contraire, il faut dĂ©cortiquer et dĂ©celer ce que l’auteure y glisse comme fantastique. Il y a un nombre impressionnant de rĂ©fĂ©rences au genre et un bien bel hommage Ă  l’un des maĂźtres de la littĂ©rature horrifique.

Et lĂ , je vais vous parler de ce qui m’a titillĂ© dĂšs le titre, dont je vous parlais en introduction de cet article. Belasko ? Le sang des Belasko ? Kesako ? Â« La maison des damnĂ©s » de Richard Matheson, ça vous parle ? Non ? Pourtant, il faudrait le lire, pour comprendre ce qu’a voulu nous dire Chrystel Duchamp ! C’est Ă  la fois, un livre complĂštement indĂ©pendant avec sa propre intrigue, mais c’est aussi, un bel hommage et une sorte de suite-finale de l’intrigue laissĂ©e en suspens par Richard Matheson.

Pour mĂ©moire, « la maison des damnĂ©s », c’est la maison hantĂ©e par excellence. Le Dr Barrett et une Ă©quipe de spirites se voient confier une sacrĂ©e mission, par un milliardaire, qui semble un peu loufoque
 Mais le parapsychologue s’empresse d’accepter, pour prouver ses thĂ©ories scientifiques sur l’existence d’une vie aprĂšs la mort. La rĂ©putation de la maison n’est plus Ă  faire, elle est hantĂ©e, : rĂ©sonnant des crimes et des orgies qu’elle a accueillis par le passĂ©, la maison Belasco semble les attendre. PrĂȘte Ă  possĂ©der les audacieux qui oseront pĂ©nĂ©trer en son sein…

Et lĂ , je dis merci Chrystel Duchamp ! Merci pour ce parfait dosage, merci pour le final Ă  la hauteur du genre horrifique. 

L’auteure a plus d’une flĂšche Ă  son arc et balade son lecteur du dĂ©but Ă  la fin, pour en fin de compte construire une intrigue comme les petites poupĂ©es russes, oĂč tout s’imbrique parfaitement. J’ai franchement Ă©tĂ© bluffĂ©e, car au-delĂ  d’un bon thriller Ă  huis-clos, c’est un excellent thriller horrifique qui a toute sa place dans cet univers littĂ©raire.

Bienvenue chez les Belasko, oĂč le sang coule Ă  flots, mais oĂč l’on se pose beaucoup de questions


AprĂšs la mort de leur pĂšre, cinq frĂšres et sƓurs se rĂ©unissent dans la maison de leur enfance. Les portes se referment sur eux. Avec une terrible rĂ©vĂ©lation… Cinq frĂšres et sƓurs sont rĂ©unis dans la maison de famille, la Casa Belasko, une vaste bĂątisse isolĂ©e au cƓur d’un domaine viticole de Provence. Leur pĂšre, un vigneron taiseux, vient de mourir. Il n’a laissĂ© qu’une lettre Ă  ses enfants, et ce qu’il leur rĂ©vĂšle les sidĂšre : leur mĂšre ne se serait pas suicidĂ©e – comme l’avaient affirmĂ© les mĂ©decins six mois plus tĂŽt. Elle aurait Ă©tĂ© assassinĂ©e… Au cours de la nuit, non-dits, jalousies et frustrations accumulĂ©s au fil des annĂ©es vont se dĂ©verser. Mais le pire reste Ă  venir. D’autant que la maison, coupĂ©e du monde extĂ©rieur, semble douĂ©e de sa propre volontĂ©…

Parution : 14 janvier 2021 – Ă‰diteur : L’Archipel â€“ Pages : 240 – Genrethriller-psychologique, thriller, thriller-horrifique, littĂ©rature horrifique, famille, meurtres

NĂ©e en 1985, Chrystel Duchamp se passionne trĂšs tĂŽt pour la littĂ©rature de genre, notamment le fantastique et la sĂ©rie noire. Elle et son conjoint, Eric Barge, montent la maison d’édition Le Miroir aux Nouvelles, oĂč ils publient plusieurs romans illustrĂ©s de Chrystel : La BoĂźte aux objets perdus (2013), 47°9’S – 126°43’W (2014), La VallĂ©e dĂ©rangeante (2015). Son dernier roman, À l’ombre des sureaux, a paru en 2018. Elle habite prĂšs de Saint-Etienne.



CatĂ©gories :Challenge de l'imaginaire, Challenge Polars et Thrillers, De l'Archipel, Fantastique/Science-fiction/Uchronie/Dystopie..., Horreur/Epouvante, Thrillers/Polars

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22 réponses

  1. Je n’ai pas du tout relevĂ© l’hommage (vu que je ne connais pas ce titre) mais j’ai adorĂ© ce livre !

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  2. Non, ne dis rien, je ne l’ai pas encore lu mais ça va viendre, j’en ai trop envie (mais ils sont 36 Ă  me faire envie en mĂȘme temps !!).

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  3. Avatar de Le journal de Maud

    Une de mes lectures de mars đŸ€©đŸ€©

    Aimé par 1 personne

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